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Avocats, repensez vos honoraires ! (2ème partie)

Dans la première partie de notre dossier, nous avons abordé la question de l’accessibilité de votre expertise pour les Français.

Bien qu’il s’agisse de protéger leurs intérêts, il est parfois difficile de franchir le pas de votre office, très souvent en raison du coût d’une consultation.

Si la communication est essentielle, il est tout aussi important de repenser votre grille tarifaire (sans forcément revoir vos prix, nous y reviendrons) afin de toucher une population plus large.

Comment repenser vos honoraires afin de développer votre clientèle efficacement ?

Plusieurs stratégies peuvent être envisagées.
Voici quelques pistes que vous pouvez suivre pour vous aider.

Premièrement, ne soyez pas tenté par la stratégie des “honoraires les plus bas possibles pour attirer plus de clients”.

Cette stratégie, sûrement payante sur le court terme, n’en est pas réellement une sur le long terme.

L’établissement d’une grille tarifaire doit s’appuyer sur plusieurs choses :

    • Votre expertise dans un domaine d’intervention : un avocat spécialisé aura un taux horaire plus élevé qu’un jeune avocat sans spécialisation par exemple.
    • La population que vous souhaitez viser : à mettre en corrélation avec le domaine d’intervention dans lequel vous évoluez : un litige en droit international implique nécessairement un taux horaire plus élevé qu’un litige en droit de la famille.
    • Le temps que vous allez passer sur chaque affaire et qui définira
      le coût réel de la prestation.
    • Vos charges à la fin du mois : comme toute profession libérale, vos charges représentent généralement 50% de ce que vous recevez. Vos clients ne le savent peut-être pas, mais ils influencent directement l’établissement de votre taux horaire.

Tant de choses qui doivent entrer en compte dans votre stratégie d’établissement de prix et que vous ne devez pas négliger. 

Quelle est la part que vous accordez à chacun de ces points dans l’établissement de votre grille tarifaire ?

Un avocat senior pourra – et devra – accorder plus de points à son expertise par exemple et prendra moins en compte ses charges sociales car elles seront rapidement amorties par son expertise poussée.

Un jeune avocat, au contraire, gardera toujours à l’esprit les charges qu’il aura à verser à la fin du mois car elles conditionnent pour beaucoup sa rétribution.

Une communication efficace sur vos honoraires : la clé du succès

Une fois cette question réglée, vous pourrez vous concentrer sur la partie la plus importante des honoraires : savoir les communiquer à vos potentiels clients. 

Car il ne faut pas se leurrer : un client qui accepte vos honoraires sans rechigner est un client qui a compris comment ils fonctionnent.

Se baser sur son taux horaire et le disséquer afin de parvenir à un chiffre qui inspire plus confiance lorsque votre travail ne vous a pas pris une heure est une bonne chose, mais communiquez-vous sur cette possibilité ?

Là se situe le problème : ce qui est normal pour vous ne l’est pas forcément pour le justiciable.

S’il pense qu’il sera dans tous les cas facturé 200€ pour un rendez-vous chez un avocat qui dure 20 minutes et où il n’aura droit qu’à un conseil rapide sur une procédure, il ne sera pas rassuré.

Qui le serait à sa place ?

Pour que les choses soient plus concrètes, prenons le cas de Maître Anthony Joheir, avocat au barreau de Marseille en droit pénal et droit du dommage corporel, qui a accepté de répondre à nos questions :

“Je propose toujours une première consultation gratuite.

Cette consultation est déterminante parce qu’elle permet une première analyse juridique du dossier et de déterminer les conditions financières de mon intervention. Je rédige après la consultation une convention d’honoraires très détaillée que j’envoie au client. Si ce dernier souhaite mon intervention, nous fixons un second rendez-vous pour signer la convention et le règlement des honoraires convenus.

Le client a ainsi un délai de réflexion entre ces deux rendez-vous avant de s’engager avec moi.”

Une convention d’honoraires très détaillée, c’est ce que votre potentiel client attend au terme d’un premier rendez-vous avant de faire le choix de s’engager auprès de vous.

C’est là tout l’enjeu du travail de communication autour de vos honoraires : faire comprendre que le taux horaire n’est pas fixe mais aussi que le fameux “forfait” qui veut tout et rien dire à la fois veut dire quelque chose.

Essayez au maximum de mettre des chiffres derrière les termes que vous utilisez pour parler de vos honoraires.

Vos clients comprendront alors mieux ce qui les attend à l’issue d’une consultation et ne viendront pas à votre cabinet la boule au ventre.

Si c’est le cas, ce sera pour d’autres raisons que pour vos honoraires.

Où mettre ma grille tarifaire en avant ?

Disposez-vous d’un site internet ?

Cela peut être un bon endroit pour en parler.

Si votre potentiel client recherche des informations sur vous en particulier, il est probable qu’il visite le site de votre cabinet.

Rédigez un article où vous expliquez vos honoraires et ce que cela représente, cela contribuera à le mettre en confiance.

Si vous êtes présent sur un site de mise en relation, il peut être également intéressant d’essayer d’en parler dès qu’un potentiel client vous contacte.

C’est très important notamment si vous êtes un jeune avocat qui n’a pas encore une clientèle bien établie.

Vous permettant de vous faire connaître d’un plus grand nombre, être présent sur une plateforme de mise en relation est très souvent bénéfique pour le développement de votre clientèle.

En ce qui concerne les honoraires et votre façon de les mettre en avant sur une plateforme de mise en relation, vous pouvez indiquer à votre client potentiel que le taux horaire que vous mettez en avant sur votre fiche n’est qu’indicatif et que vous vous adaptez bien évidemment au problème auquel vous allez être confronté.

Simple et efficace, cette précision peut le rassurer

Avez-vous votre propre façon de mettre en avant vos honoraires ?

Si oui, est-ce que cela fonctionne ? N’hésitez pas à nous faire vos retours.

Il s’agit d’un sujet très important et les usages diffèrent d’un avocat à un autre.

Le partage permet de savoir comment vous vous situer par rapport à vos confrères.

Dans la 3ème et dernière partie de notre dossier, nous aborderons la question des honoraires impayés, primordiale pour beaucoup d’entre vous. Comment les limiter et faire en sorte que votre client paye de lui-même sans relance et saisine de l’Ordre des avocats ? C’est la question à laquelle nous tâcherons de répondre.

N’hésitez pas à commenter cet article pour nous dire où vous en êtes dans votre réflexion sur vos honoraires.

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[Brèves] Le transfert des risques dans la vente au consommateur : res perit debitori

► Le transfert des risques dans la vente au consommateur s’opère au moment où le consommateur ou un tiers désigné par lui, et autre que le transporteur proposé par le professionnel prend physiquement possession de ces biens.

Faits et solution. Alors qu’en droit commun, le transfert de propriété, et corrélativement celle des risques, s’opère au jour de la conclusion du contrat de vente (C. civ., art. 1196 N° Lexbase : L0908KZN se substituant à l’ancien article 1138), la vente au consommateur introduit une règle dérogatoire. En effet, l’article L. 216-4 du Code de la consommation (N° Lexbase : L1609K7Q), issu de la loi « Hamon » n° 2014-344 du 17 mars 2014 (N° Lexbase : L7504IZX), dispose que « tout risque de perte ou d’endommagement des biens est transféré au consommateur au moment où ce dernier ou un tiers désigné par lui, et autre que le transporteur proposé par le professionnel, prend physiquement possession de ces biens ». Il opère ainsi une dissociation entre le transfert de la propriété et celle des risques : seule la livraison opère transfert des risques. Autrement dit, c’est la prise de possession physique du bien par le consommateur qui opère ce transfert. L’adage res perit domino est écarté au profit de l’adage res perit debitori.

Ce n’est ni plus ni moins que la solution retenue par la première chambre civile dans son arrêt du 3 février 2021, alors qu’était en cause un contrat de vente de produits achetés sur Internet, produits qui n’avaient pas été livrés au consommateur. L’orthodoxie est respectée. Peu importe, contrairement à ce qu’avaient retenu les juges du fond (tribunal d’instance, Villeurbanne, 12 juin. 2019), que le transporteur ait indemnisé le consommateur ou que l’acheteur ne rapporte pas la preuve d’un manquement du vendeur à ses obligations.

Portée. Reste alors à préciser que toute autre aurait été la solution si le consommateur avait choisi d’avoir recours à un transporteur qui n’est pas celui du vendeur professionnel. Le transfert des risques aurait été opéré lors de la remise du bien au transporteur (C. consom., art. L. 216-5 N° Lexbase : L1608K7P). Il faut, enfin, rappeler que ces dispositions protectrices du consommateur sont d’ordre public (C. consom., art. L. 216-6 N° Lexbase : L1607K7N) : toute éviction de la protection est donc impossible.

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[Brèves] Renforcement du télétravail et des contrôles de l’inspection du travail – Par Lexbase

► La ministre du Travail a rappelé, lors d’une conférence de presse du 4 février 2021, que le télétravail demeure la règle pour toutes les activités qui le permettent. Une nouvelle instruction (Instr. DGT du 3 février 2021, relative aux orientations et aux modalités d’intervention du système d’inspection du travail (SIT) dans le cadre des mesures renforcées de lutte contre la covid-19 N° Lexbase : L1004L3L) a été adressée aux services de l’inspection du travail pour renforcer l’accompagnement et le contrôle sur la mise en œuvre du télétravail dans les entreprises et le respect des mesures de prévention face au covid-19.

L’instruction rappelle que lorsque les tâches sont « télétravaillables », elles doivent être « télétravaillées » pour éviter les interactions et l’exposition des salariés au risque de contamination. Le recours au télétravail peut être total si la nature des tâches le permet ou partiel si seules certaines tâches peuvent être réalisées à distance. Par ailleurs, la possibilité de permettre aux salariés d’être présents en entreprise une journée par semaine demeure, mais est soumise à la demande individuelle de chaque salarié afin de prévenir le risque d’isolement.

Il est ainsi demandé aux agents de contrôle de l’inspection :

• de vérifier systématiquement les mesures prises pour lutter contre le risque de contamination et la mise en œuvre du télétravail lors de tout contrôle dans une entreprise. Cette vérification portera, en premier lieu, sur les conditions d’information et de consultation du CSE, sur la définition des tâches « télétravaillables » et les modalités pratiques de mise en œuvre du télétravail ;

• de contacter en particulier les entreprises des secteurs où le télétravail est facilement applicable mais a été moins pratiqué ces dernières semaines, pour s’assurer que les recommandations du protocole national sont bien respectées ;

• de mobiliser sur ce sujet les partenaires sociaux tant au niveau régional que départemental, afin d’insister d’une part sur l’enjeu que constitue le recours au télétravail pour éviter un nouveau confinement, et, d’autre part, sur l’importance d’associer les représentants du personnel dans sa mise en œuvre ;

• de rappeler aux PME l’appui que peut leur fournir l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail et son réseau régional (Anact-Aract) pour faciliter le déploiement du télétravail ;

• de rappeler aux entreprises l’aide que peut leur apporter leur service de santé au travail pour la mise en place du télétravail et la prévention des risques professionnels qui y sont liés (isolement, lombalgies, RPS…) ;

• de faire connaître le numéro vert mis en place par le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion pour répondre aux difficultés rencontrées par les télétravailleurs.

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S’agissant des salariés dont les tâches ne peuvent être totalement télétravaillées, les agents de contrôle de l’inspection du travail vérifieront la bonne mise en œuvre des mesures de prévention prescrites par les autorités sanitaires.

Ils cibleront les secteurs et entreprises :

• où des situations dangereuses ont été signalées par les salariés et leurs représentants ;

• où des clusters ont été identifiés.

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Une attention particulière sera accordée au secteur du BTP et au travail saisonnier dans les exploitations agricoles ainsi qu’au commerce de détail, au secteur médico-social, aux plateformes logistiques et aux abattoirs.

Les points de vigilance porteront notamment sur les locaux collectifs, les modalités de transports collectifs mises en place par les entreprises, les espaces collectifs de travail et les locaux d’hébergement et de restauration collectifs.

L’ensemble des interventions fera par ailleurs l’objet d’un suivi qualitatif et quantitatif.

Depuis le début de la crise sanitaire, les agents de l’inspection du travail ont effectué 64 000 interventions liées à l’épidémie de covid-19. Près de 400 mises en demeure ont été adressées aux entreprises qui ne respectaient pas leurs obligations de prévention. Dans 93 % des cas, ces mises en demeure ont été suivies d’effets.

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Comment bien dialoguer avec vos clients ?

Vous le savez, la relation client est au cœur de la performance des métiers de conseil.

C’est d’autant plus vrai pour une profession concurrentielle comme celle d’avocat, où transformer ses contacts en dossiers est une réelle problématique.

Découvrez nos conseils pour bien entamer le dialogue avec vos clients, dès la première consultation.

Adaptez-vous aux nouvelles attentes de vos clients

Les attentes des justiciables envers les avocats évoluent en permanence, que ce soit en termes de prix, de rapidité ou de qualité.

Vous devez faire en sorte de vous adapter en conséquence.

En effet, si vos clients “font votre cabinet”, ils peuvent aussi le défaire en cas d’insatisfaction.

Pour améliorer les liens que vous entretenez avec votre clientèle vous devez donc repenser la relation client en remettant le justiciable au cœur de votre stratégie.

Interagir avec ses clients, c’est également accepter d’échanger et d’établir un dialogue franc, sincère et productif avec eux.

Les clés d’un bon dialogue

La relation client se travaille dès la première consultation.

Il s’agit d’un moment de rencontre et d’échange important où vous allez pouvoir jauger votre futur client, mais où il pourra également se faire un avis sur vous.

Voici 5 conseils pour établir un bon dialogue d’entrée de jeu :

1) Soyez accessible

Ce n’est pas une surprise, votre client s’attend à pouvoir vous solliciter quand il le souhaite.

La disponibilité est donc clé.

Pour éviter les frustrations de votre côté comme du sien, informez votre client dès le premier rendez-vous du moyen de communication le plus propice pour vous joindre (téléphone, email, sms…) ainsi que de vos horaires.

Evitez à tout prix que le justiciable ait l’impression que vous ne répondez jamais à ses appels, il pensera alors que vous ne travaillez pas sur son affaire.

L’accessibilité passe aussi par une simplification du droit pour votre client, très souvent profane en la matière.

Essayez de vulgariser au mieux les termes et notions complexes des procédures que vous allez entreprendre, pour l’aider à se sentir impliqué dans le dossier.

Pourquoi ne pas vous aider de supports visuels (arbre de décision, infographie, power point, slideshare…) pour illustrer au mieux la procédure ?

2) Soyez à l’écoute

Le dialogue commence par l’écoute.

Commencez donc par faire parler votre client et par l’écouter pour mieux comprendre ses besoins, ce qui est la clé pour mieux l’accompagner dans ses démarches et le conseiller.

En effet, votre stratégie doit être construite autour des besoins de votre client avant tout et lui seul est en mesure de vous les communiquer.

En plus de vos compétences en droit, vos clients attendent de votre part une disponibilité “émotionnelle” à un moment parfois difficile de leur vie.

3) Personnalisez votre stratégie

Chaque client est unique et veut se sentir comme tel.

Pour cette raison, vous devez vous efforcer de construire une stratégie personnalisée, sur mesure et parfaitement adaptée aux besoins de votre client.

Evitez une solution standardisée ou déconnectée de sa réalité, au risque qu’il le ressente au cours de vos échanges et ne se sente pas accompagné comme il s’y attend.

4) Établissez un partenariat avec le client

Votre relation client doit entretenir une compréhension mutuelle avec votre client.

Pour cela, travaillez votre contact, votre réactivité et votre communication mais également votre transparence au cours des échanges.

Il s’agit de créer des conditions propices à un véritable partenariat, qui pourra s’inscrire dans le temps indépendamment de l’issue du dossier.

5) Créez une relation de confiance

Enfin, établir un bon dialogue avec votre client doit vous aider à nouer une relation à long terme avec celui-ci.

Pour fidéliser votre clientèle, ne négligez ainsi pas la relation de confiance qui peut se créer entre un justiciable et son avocat.

Soyez clair et transparent sur vos honoraires dès le premier rendez-vous et tenez le régulièrement au courant de l’avancée de son dossier.

Un client vous faisant confiance sera d’autant plus propice à vous recommander à ses proches à l’avenir.

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Avocats, 5 conseils pour fidéliser durablement votre clientèle

Une clientèle fidèle qui parle positivement de votre expertise, c’est ce que vous recherchez probablement en tant qu’avocat.

Il s’agit alors de mettre en place une réelle stratégie marketing
(non, ce n’est pas un gros mot) basé sur la segmentation de votre clientèle :

Vos clients ne veulent pas tous la même chose et il est important de connaître les besoins de chaque client pour adapter vos actions marketing dans le futur. 

Voici 5 astuces pour développer une relation de confiance avec eux.

1. Rappelez-les quand ils vous contactent

Cela peut sembler évident, mais il nous semblait important de le rappeler.
Un justiciable qui entre en contact avec vous souhaite vous avoir au bout du fil rapidement.

Si ce n’est pas immédiat, il est important de le rappeler dès que possible afin de lui montrer que vous lui accordez de l’importance.

J’entends souvent les plaintes des justiciables n’ayant pas eu de réponse de la part de l’avocat qu’ils ont contacté trois semaines auparavant.

Ce type de comportement nuit à la réputation de l’auxiliaire de justice en question mais donne aussi une mauvaise image de la profession en général.

La satisfaction client est une donnée importante, et les rappeler peut vous aider à améliorer cette donnée.

2. Prêtez attention à leur vie personnelle

Un client qui vous contacte pour un problème lié au droit du travail, de la famille ou autre domaine portant atteinte à leur vie personnelle attend de vous une certaine disponibilité “émotionnelle”.

D’où l’importance pour un avocat de développer ses soft skills (pédagogie, écoute, etc.).

Vos clients attendent souvent une prise en charge humaine de leur problème, au même titre qu’un traitement rapide et efficace de leur dossier.

Nul besoin de remplacer au pied levé un psychologue : prenez simplement quelques minutes pour réellement les écouter.

L’aspect humain du métier est indispensable et vous permettra de laisser un bon souvenir à votre client qui reviendra très probablement vers vous s’il a besoin d’autres conseils juridiques.

Le plus important est la communication avec votre client

3. Préparez des questionnaires de satisfaction

Comment fidéliser efficacement votre clientèle ?

Vous avez répondu rapidement à sa demande, vous vous êtes intéressé à lui en tant que personne et non en tant que client uniquement, il faut maintenant assurer le “service après-vente”.

C’est un point essentiel pour que votre clientèle se sente valorisée.

Il vous faut donc développer une enquête de satisfaction via des questionnaires que vous enverrez à vos clients quelques jours après la résolution de leur affaire/avoir donné les conseils juridiques qu’ils attendaient. 

Il est possible d’utiliser Typeform qui propose des modèles simples et agréables visuellement.

Cela a une double fonction : vous pourrez d’une part connaître vos points d’amélioration, ce qui n’a pas fonctionné vis-à-vis de leurs attentes, et vos clients sentiront que vous êtes dévoué à votre métier et que leur avis compte.

Il s’agit d’un vrai indicateur de performance pour l’avocat.

4. Intégrez-les à vos newsletters

Il s’agit encore d’une façon d’avoir un suivi de vos anciens clients. Ainsi, ils auront d’une part des conseils sur l’évolution de la législation dans votre domaine d’intervention, mais également des nouvelles de votre cabinet.

Cela permet d’humaniser la relation que vous avez avec eux afin que l’image positive de votre expertise qu’ils avaient lors du traitement de leur dossier soit pérenne.

Cette newsletter doit être mensuelle voire trimestrielle afin de ne pas les submerger d’informations qui ne les intéressent pas.

Cependant, il s’agit d’un must-have pour les avocats qui souhaitent installer durablement leur “marque” dans l’esprit des justiciables.

L’email est un bon moyen de rester en contact avec vos clients

5. Faites un point au bout de quelques mois

Par téléphone pour une plus grande proximité, par mail si vous avez moins de temps : faire un point au bout de deux ou trois mois est aussi important lorsque vous effectuez votre suivi client.

Cela permet de savoir si le demandeur n’a pas d’autres questions juridiques mais cela permet surtout de continuer à développer cette image positive de votre expertise.

D’autres procédés peuvent être mis en place : si vous suivez depuis longtemps un client, vous pouvez également lui prodiguer de temps à autre des conseils juridiques gratuits afin qu’il se sente en confiance avec vous et qu’il n’aille pas voir ailleurs.

Intéressez-vous aux techniques marketing qui ont fait leurs preuves et utilisez-les avec parcimonie : c’est souvent ce que vos clients attendent et ils vous le rendront bien.

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Avocats, 7 types de clients que vous allez forcément rencontrer !

Vous, avocats, êtes humains… Et vos clients aussi.

Ils sont tous différents et n’ont pas les mêmes attentes et traits de personnalité.

Voici 7 profils de clients sur lesquels vous pouvez tomber ou êtes déjà tombé en tant qu’avocat.

Le Monsieur “je sais tout”

Son Profil

“J’ai vu que Marie-Chantal avait le même problème que moi, elle a juste eu une amende à payer, je pense pouvoir m’en tirer avec la même chose. Il suffit simplement de déposer un recours, mais vous le savez déjà, non ?”
Le type de client que vous préférez, sans aucun doute… Il connaît mieux la loi que vous – malgré vos 8 années d’études – et a déjà pris tous ses renseignements sur des forums, explorant parfois les recoins les plus sombres d’Internet.

Comment le gérer

Gardez votre sang-froid. S’il commence à vous poser des questions d’un air inquisiteur, ne tombez pas dans son piège ! Répondez du tac au tac à ses questions, il les enchaînera de plus en plus vite jusqu’à ne plus en avoir en réserve. Pointez ses contradictions de manière diplomatique. Vous pourrez alors savourer votre victoire par KO et mettre en avant votre expertise d’avocat.

Celui qui se croit dans un épisode de Suits

Son Profil

“Alors, elle est où votre secrétaire sexy ? J’attends toujours mon whisky” dit-il avec un clin d’oeil appuyé, un petit sourire au coin des lèvres. Et non, vous n’êtes pas au bar du coin, mais bien dans votre cabinet, derrière votre bureau.

Votre client a semblé surpris lorsqu’il a vu que vous n’aviez ni les cheveux gominés, ni un costard à 3000€ (ou un soyeux brushing et une paire de Louboutin) mais il s’attend toujours à ce que vous trouviez la solution à ses questions en moins de 5 secondes, montre en main.

Comment le gérer

Première option, vous pouvez entrer dans son jeu et réciter les meilleures punchlines de Suits ou Ally McBeal si vous les avez en tête. On vous en donne une de Suits comme antisèche : “n’importe qui peut faire mon travail, mais personne ne peut être moi”. Ne nous remerciez pas, c’est cadeau !

Seconde option, lui dire les choses comme elles sont : la vie réelle n’est pas comme dans les séries américaines mais cela ne vous empêche pas d’être compétent pour son litige même si vous ne buvez pas d’alcool à longueur de journée dans votre bureau dominant les hauteurs de New-York.

D’ailleurs, vous n’avez pas même pas de bureau à New-York quand on y pense, vous préférez le calme et la verdure d’Aurillac.

L’optimiste

Son Profil

Il vous fait confiance et ne vous le cache pas. S’il a choisi d’avoir recours à un avocat, c’est pour gagner son procès, aucune autre issue est possible dans son esprit. Pour l’Optimiste, l’avocat ne peut que gagner car il est là pour le représenter et protéger ses arrières, n’est-ce pas ?

Comment le gérer

Toujours sympathique, l’Optimiste n’hésitera pas à vous appeler régulièrement pour prendre des nouvelles de son dossier. N’hésitez pas à lui parler de vos chances de réussite si elles sont minimes… Il pourra se préparer à une éventuelle défaite plus facilement.

Le pessimiste

Son profil

S’il a fait appel à vous, c’est uniquement car sa mère l’a amené de force à votre cabinet, rien de plus. Il pense que son dossier est une cause perdue, et il n’hésitera pas à vous le faire sentir dès les premières minutes en réfutant tout ce que vous dites.

Comment le gérer

Le Pessimiste vous poussera dans vos retranchements en secouant la tête à chacune de vos interventions, mais ne lâchez rien. Faites votre travail d’avocat et répondez posément à ses questions. Il finira par baisser sa garde tôt ou tard devant votre professionnalisme et vous pourrez avancer ensemble. Si vous lui assurez la victoire, nul doute que vous sentirez une réelle différence dans son comportement.
En revanche, il n’est pas sûr qu’il revienne vers vous en cas de défaite.

Le psychopathe

Son Profil

Il se balance de gauche à droite sur sa chaise – s’il le fait d’avant en arrière, ça fonctionne aussi – en regardant dans le vide. Sa technique d’approche change selon les jours (pleine lune ou pas). On notera également qu’il est venu pour des conseils juridiques, et non parce qu’il avait un problème, ce qui est assez rare pour être souligné.

Mais ses questions sont pour le moins étonnantes : “si j’utilise un couteau pour faire des petits trous dans la peau de ma compagne, je risque combien ?
Pas pour la tuer, non, juste pour faire des petits trous…” mais également “et si je monte une holding avec les fonds d’investisseurs travaillant à Orange pour racheter Free avant de le vendre à l’Etat ? Est-ce que l’autorité de la concurrence peut m’inquiéter ?” Oui, nous aussi on cherche encore la cohérence.

Comment le gérer

Appelez un hôpital psychiatrique. Vite. Ou alors, pensez que si vos réponses sont pertinentes, vous allez gagner un client fidèle.

Le old school

Son Profil

C’est un vieux de la vieille, assez traditionnaliste, qui ne comprend généralement pas pourquoi vous lui envoyez des documents par mail parce que “vous comprenez Maître, de mon temps, on envoyait tout par courrier et on n’avait pas de problème si votre Internet plantait”. Il a d’ailleurs un petit côté paternaliste qui vous agace.

Comment le gérer

Gardez le sourire, serrez les dents et expliquez que vous suivez la procédure. Ce genre de clients aiment que les choses soient faites dans les règles, donc soyez patient et prenez le temps de tout bien lui expliquer.

L’ancien avocat

Son profil

Il rejoint un peu le profil du monsieur “je sais tout” sauf que lui, pour le coup, sait vraiment beaucoup de choses. C’est peut-être lui le plus agaçant de tous, parce qu’il vient vous voir que parce qu’il ne peut pas se représenter lui même. Vous avez l’impression de vous voir dans 30 ans, et vous n’aimez pas trop l’arrogance qui se dégage du personnage… Oh mon dieu, est-ce ça que les gens voient quand ils vous parlent ?

Comment le gérer

S’il vient vous voir, même si c’est uniquement de la représentation, c’est qu’il a quand même un souci et a besoin de vous. Ecoutez ses problèmes, laissez le parler, mais montrez lui que vous avez du caractère et que vous n’êtes pas toujours d’accord avec ce qu’il propose, il ne vous en respectera que davantage. Et puis, qui sait ? Peut-être que lui comme vous, vous apprendrez mutuellement des choses.

Dites-nous en commentaire celui que vous préférez, ou celui qu’on a oublié ! N’hésitez pas à nous raconter une expérience de clients qui vous a marqué, fait sourire ou énervé.

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Petit éloge de la plaidoirie ou Histoire d’un faux avocat à la robe trop serrée

Petit éloge de la plaidoirie ou Histoire d’un faux avocat à la robe trop serrée

L’affaire est cocasse. La semaine dernière, un article de la presse régionale relayé par la suite par la presse nationale annonçait qu’un escroc prétendu avocat qui avait eu le culot de défendre un accusé dans une quelconque affaire d’escroquerie avait été trahi par sa plaidoirie et sa robe noire un peu trop petite pour lui ! Cette affaire peut prêter à sourire. Elle est pourtant révélatrice. En effet, dans l’imaginaire collectif, un avocat, c’est une robe noire et des plaidoiries. Une vision peut-être réductrice mais néanmoins symptomatique d’un système à l’ancienne qui a peut-être encore du bon, n’en déplaise à ses détracteurs.

Comme le souligne Laurent Béard, substitut du procureur, dans l’affaire sus évoquée, « nous voyions bien que nous n’étions pas sur une plaidoirie habituelle.
Il n’y avait ni le ton, ni le contenu juridique, ni les demandes traditionnellement formulées par un avocat ». Le faux avocat à la robe trop serrée, pourtant fier de sa plaidoirie, a logiquement été mis en examen pour « exercice illégal de la profession d’avocat » et « escroquerie », il risque jusqu’à un an de prison et 5 000 euros d’amende. C’est qu’il existe un art de la plaidoirie.

Une affaire qu’il est bon de rappeler dans une période difficile pour l’avocat et son art oratoire. La rhétorique de l’avocat. Un fantasme pour tous les étudiants en droit. Pourtant, parait-il, l’ « oralité » n’est plus de bon ton. Et, en effet, force est de constater que l’heure est à la remise en cause de la plaidoirie. La cause ? L’engorgement des tribunaux sans nul doute. Des procès sans plaidoirie serait un gain de temps évident selon les détracteurs de l’oralité (ce qui est sans doute vrai pour certaines affaires). Mais pas seulement. Ceux-là avancent également la nécessité d’une remise à plat intégrale du système de l’audience pris dans sa globalité, une audience qui s’est sans nul doute éloignée de sa finalité originelle pour devenir purement matérielle ou procédurale, entre dépôt et observations à l’appel de cause, faites vos jeux, rien ne va plus !

À l’opposé, la plaidoirie a également ses défenseurs. Et fort heureusement serait-on tenté d’avancer. Ceux-là de replacer l’exercice au cœur même du procès. Et si l’affirmation pourrait passer pour une lapalissade, elle mérite cependant ici d’être soulignée parce que c’est finalement le cœur du débat : une cause ne sera jamais défendue à l’écrit comme elle le sera à l’oral. Elle pourra être bien rédigée, bien argumentée et solide juridiquement parlant mais la rhétorique sera capable de faire passer bien d’autres choses, parce qu’au-delà du raisonnement et de l’intellectuel elle a ce don de faire vivre une affaire. Parce qu’un procès, au-delà du droit, ce sont avant tout des hommes. Plaider ce n’est pas seulement avancer des arguments et les défendre à grands coups de visas, ce n’est pas seulement relire ses conclusions, plaider c’est faire vivre un procès, c’est faire connaitre des protagonistes, c’est parler d’une histoire. C’est faire vivre le principe du contradictoire. Donner un sens. Convaincre. Repenser l’audience oui, mais pas au détriment des plaidoiries. Il faut que l’éloquence se poursuive. Qu’elle retrouve même toutes ses lettres de noblesse et toute sa superbe !

Reste qu’une nouvelle donne est aujourd’hui à prendre en compte : la crise sanitaire pousse en effet sans conteste à une hyper numérisation des métiers. Y compris de la profession d’avocats. Est-ce dire que la plaidoirie vit ses derniers jours ? Gageons que l’avenir nous prouve le contraire. Aussi, la digitalisation du droit ne saurait entraîner celle des audiences. Car un procès sans plaidoirie, c’est aussi enlever un peu plus d’humain à une profession d’ores et déjà fortement digitalisée. Et, à cet égard, la digitalisation de la profession d’avocats plaide d’ailleurs d’elle-même en faveur de la plaidoirie et ce dans une optique simple : remettre l’humain au cœur du procès.